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Confidentialité

Par B. :: 06/04/2010 à 10:36

Une trace de quelques conversations anciennes et récentes.

Dans le cadre du commerce équitable, revient toujours la question de la part des consommateurs : « Oui, mais est-ce que la vie des producteurs est vraiment changée ? ». Pour y répondre, il faut aller voir les ouvriers, leur demander combien ils gagnent, comment ils vivent, etc. Et c’est gênant… Je me disais : comment le prendrait un ouvrier ici en France ? Une telle intrusion dans l’intimité.

Pourtant c’est bien ce qui se passe. Tous ceux qui reçoivent une « aide » doivent montrer leur vie. Il arrive même, apparemment, que certaines personnes qui ont dû plus souvent qu’à leur tour montrer leur vie devant des assistantes sociales, médecins, éducateurs, que sais-je encore ? en prennent l’habitude et le font spontanément trop. Ils déballent leurs vies sans plus se rendre compte de ce qui relèvent de la confidentialité.

 

Je reviens un instant sur ce mot, car il recèle l’un des enjeux majeurs de notre époque (ou en tout cas, dont on parle beaucoup). Déjà, il serait le calque de l’anglais « confidentiality »… en remontant, on tombe sur confidence, Communication d’un secret, et dans un sens plus ancien : « Confiance  qui porte  quelqu’un à faire part de ses secrets à un autre ». On y est, la confiance, elle-même venant de la fiance… J’aurais sûrement de belles pages à lire chez Derrida.

 

Certaines paroles sont des confidences, elles sont d’un côté marquées par le secret de l’autre par la confiance. Il revient alors de ne pas trahir cette forme de foi qui a été mise en nous. à mon avis, la confiance implique d’ailleurs un risque partagé, chacun ayant à faire un pas vers l’autre, le degré d’information sans être égal doit être équilibré. Il est tellement déséquilibré pour les plus petits qui doivent tout dire et ne peuvent souvent rien savoir

 

Un petit parallèle avec le monde de la médecine proposé par G. Le-Blanc : « La disqualification de la vie malade crée également les conditions d’une invisibilité persistante : combien de vies qui se démédicalisent à force d’être trop médicalisées, qui basculent dans la solitude du refus de soin à force d’un excès de sollicitude professionnelle ? Seulement, l’invisibilité du malade est ici atteinte comme effet paradoxal de l’excès de visibilité auquel un sujet est soumis en tant que malade : visibilité imposée du corps dénudé, visibilité extorquée de la pathologie cachée, l’invisibilité s’offre alors comme un recours désespéré à l’excès de gouvernementalité médicale. » (l’invisibilité sociale, p. 39)

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