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20 Matins qui ne servent à rien

Par B. :: 16/04/2010 à 11:31

Tous les matins, après avoir posé mon Vélib, un gars en rouge m’accoste pour me proposer un journal, que je prends. Le même journal est à disposition quelques mètres plus bas.

 

Je ne vais pas discuter ici de la presse gratuite, juste un petit lien, qui m’a donné un peu à penser.

 

Ma pratique a évoluée, et le fera sûrement encore… Ma première pratique consciente a été de ne plus jamais en prendre, de ne jamais prendre la pub qu’on me tendait. Pour essayer de préserver mon temps de cerveau disponible…



 



 

Ensuite un soir, alors que comme d’habitude je ne prenais rien, j’ai entendu une jeune femme dire à sa voisine quelque chose du style : « Putain, ils sont cons les gens, pourquoi ils prennent pas les pubs, qu’est-ce que ça leur coûte, putain ? ». Elle prenait plutôt le parti du jeune gars en rouge que j’ai croisé ce matin et qui doit distribuer son quota… Certains vont par suite avoir une stratégie de plus en plus agressive, l’autre fois à Bercy, je n’ai pas eu le temps de comprendre ce qu’il me voulait, j’avais déjà son truc dans la main. Très fort.

(Sans oublier, les gars en orange (on notera l’originalité) qui propose de faire des dons à des assos… mais c’est une parenthèse)

 

Je me suis donc mis à avoir une autre stratégie : prendre le truc tendu. Il m’est même arrivé d’en demander plusieurs, comme ça il aura plus vite fini ! en tout cas ce qu’il m’a tendu va encore plus vite dans la poubelle la plus proche



poubelle 

 


 

Enfin, c’est quand même fou comme travail ! Donner un journal gratuit, alors qu’il y en a un tas juste à côté. Tout ça pour pas que nous ayons cet effort à faire.

 

Alors, oui, ça crée un emploi. Mais après faut pas s’étonner de la perte de sens généralisée.

 

D’ailleurs, beaucoup d’entreprises développent sur la question du sens :

« La rhétorique managériale s’appuie sur la crise de sens qui envahit le monde contemporain. Elle reste bien sûr muette sur les causes de cette crise, mais surfe sur ses conséquences, notamment l’angoisse face à l’exclusion sociale. Elle pointe les lacune des grands systèmes, comme l’Ecole, l’Université, l’Etat ou la Religion, dont les défaillances laisseraient à chacun un vide que l’entreprise serait, selon elle, en mesure de comble. « La montée de l’individualisme rend plus difficile la formation de nouvelles solidarités ou d’un partage de valeurs sociales », écrit tout récemment Philippe Liger, directeur des ressources humaines du groupe Accor dans un ouvrage dont le titre est éloquent : Le marketing des ressources humains. Mais ce haut dirigeant a sa solution : « Il faut réinventer des modèles et bâtir de nouveaux repères dans un monde qui en manque singulièrement » en réintroduisant les notions de sécurité et d’éthique. […] Le managers modernes se focalisent donc sur la « quête de sens » des individus et cherchent à les convaincre que seul le travail rend aujourd’hui possible l’épanouissement personnel. »

Michela Marzano – Extension du domaine de la manipulation, p. 160

 

Nous voilà bien…

On fait de plus en plus de trucs qui ne servent franchement à rien, et on attend que ce travail donne du sens à notre vie…

 

J’ai l’impression qu’il faut revoir 2-3 trucs… non ?

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